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Lettres ouvertes au parents. Dr. Henri Pons et 28 anonymes L'histoire de ce livre Après avoir écrit mes mémoires, Détours par ma mémoire, Lettres du Monde, 2004, le courrier que j’ai reçu montre à l'évidence que ce livre fait écho chez le lecteur, d’où l'intérêt, voire la nécessité, de revisiter son enfance pour écrire ses blessures cachées.
J'ai donc rédigé Blessures de l'enfance, et vingt-huit anonymes ont accepté de livrer leur expérience à travers quarante lettres ouvertes aux parents. Puisse cette première ne pas passer inaperçue ! Après sa rédaction, j'ai été frappé de constater l'accumulation de plusieurs obstacles à franchir avant qu'il n'arrive au public, comme si des forces s'opposaient à ce que la vérité soit dite sur ce thème. Le voici enfin. Les premiers retours me confirment l'urgence de ce problème : beaucoup de gens vivent dans la misère psychologique, car ils ne sortent pas de leurs blessures d’enfance, faute d'information. Autre danger, et non des moindres : il n'y a pas qu'en Inde que les enfants sont victimes de trafiquants. Ces derniers sévissent en France, en particulier par Internet. C'est un autre problème, qui fera sans doute l'objet d'autres livres, mais dont l'ampleur et la gravité m’obligent à dire sans tarder : Parents soyez vigilants, ne laissez pas vos enfants jouer avec l’ordinateur, des pervers les guettent pour les enlever. Au risque de la pédophilie, s'ajoutent les trafics d'enfants ou les ventes d'organes. Après la lecture de ce livre, je souhaite que de la cause des enfants, à commencer par celle de notre enfant intérieur, trouve de nombreux défenseurs. Elle en a grand besoin. Écrit pour le grand public, ce livre n'est pas interdit aux psys. Ce livre est écrit pour la cause des enfants, à commencer par celle de notre enfant intérieur. Bien que la cause des enfants soit sacrée, nombreuses sont les blessures de l'enfance. Nombreuses et cachées dans l’inti-mité des familles. Elles persistent souvent chez l'adulte pendant toute sa vie. Pire, nous les transmettons inconsciemment à nos enfants. Soyons donc d'abord attentifs aux excès de pouvoir que nous exerçons à notre insu. Il s'agit de prendre nos responsabilités et non de nous culpabiliser. Trois écueils à éviter : -- les excès de pouvoir du parent sur l'enfant, d'autant plus faciles que la loi donne autorité au parent. -- l'aura de la psychanalyse, mise à toutes les sauces, son aveugle et persistant relais médiatique, malgré sa méconnaissance des blessures de l'enfance. -- l'influence de la morale judéo-chrétienne, encore forte dans l'inconscient collectif, faisant obligation inconditionnelle d'honorer ses parents. Depuis la nuit des temps, les blessures de l’enfance sont occultées : « Moïse sauvé des eaux », folklore qui cache l'enfant largué sur le Nil par sa mère, au risque des crocodiles. D'autres exemples contemporains aussi scandaleux vous étonneront. Sur 40000 enfants enlevés en France par an, 800 ne sont jamais retrouvés : c’est horrible et on préfère l’oublier très vite. Dans les suites de la lamentable affaire d’Outreau, j'ai attiré l'attention des responsables sur le risque que l'on faisait courir aux enfants des parents innocentés en ne les rendant pas rapidement à leurs familles. Si ces enfants ont intégré que leurs parents sont coupables du crime de pédophilie, ils risquent de le répéter une fois adultes. C'est ce que nous apprend la pathologie transgénérationnelle. Personne ne m’a entendu. Si les enfants battus n’ont pas la chance de rencontrer une personne secourable, comme l’a souligné Alice Miller, ils deviendront tyrans comme Hitler, Saddam Hussein et autres. Même légères les blessures de l'enfant peuvent avoir des conséquences graves sur son avenir. Pourtant, les psychothérapies modernes aident à sortir de ces souffrances désastreuses pour nous et l'avenir de nos enfants. Une technique utilisée en Gestalt, la lettre ouverte aux parents, avec sa sincérité et son authenticité émotionnelle, exerce un pouvoir thérapeutique puissant sur les blessures du passé. Extraire de soi le non-dit toxique en le mettant sur papier est la première étape de notre libération. Prenons soin de nous et de nos enfants, rompons la chaîne de la pathologie transgénérationnelle. Les 40 lettres ouvertes aux parents, écrites par 28 anonymes valent mieux qu’autant d’études de cas : authenticité, violence des souffrances vécues, témoignages poignants de la lutte pour une vie autonome et une liberté si chèrement conquises, sont au rendez-vous pour nous convaincre de la justesse de cette démarche. Il ne s'agit pas de condamner nos parents mais de ne plus nous laisser piéger par leurs erreurs et de trouver notre propre chemin du bonheur. Ces lettres sortent leurs auteurs de leur isolement. Chaque lecteur y trouvera écho, réconfort et courage d'en faire autant. Qui n’a pas subi de blessures dans son enfance ? Ce livre s'adresse à ceux qui, peu ou prou, restent dans leur souffrance où ne sont que silence, isolement et désespérance. Puissent ils trouver dans cette lecture l'apaisement, et, suprême récompense, éviter de blesser leurs enfants comme ils l'ont été eux mêmes par leurs propres parents ! Que l'éducation culpabilisante de jadis cède la place à l’épanouissement de la personnalité de l'enfant ! Il dépend de nous que le monde devienne meilleur DR. Henri PONS Ancien psychiatre des hôpitaux, ancien expertprès les Cours d'Appel de Reims et Grenoble,l'auteur nous fait partager son expérience de thérapeute formé à la Gestalt. Aléas éditeur 15 quai Lassagne 69001 Lyon 18 € |